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Les sols de Moulin-à-Vent

L'appellation Moulin-à-Vent représente un vignoble de près de 700 hectares sur les communes de Romanèche-Thorins et Chénas.
Comme le cru Chénas et dans une moindre mesure Juliénas, il se situe sur deux régions différentes (Rhône-Alpes et Bourgogne).

Le vignoble culmine à 440m et descend jusqu'à 185m. Les altitudes et pentes moyennes sont parmi les plus modérées des 10 crus.

Il s'agit du premier cru à se lancer dans l'étude des sols, dès l'automne 2009. Au début du printemps suivant, deux séries de fosses pédologiques ont été réalisées, soit 35 profils de sols décrits.

Au total, plus de 520 sondages à la tarière, en toutes conditions d'humidité, ont été réalisés entre 2009 et 2014.
Carte des sols simplifiée
L’appellation Moulin-à-Vent est partagée entre une majorité de versants granitiques plus ou moins rocheux et des piémonts plus argileux, avec de grandes plages de transition entre les deux. Toute la bordure Ouest du cru, et plus particulièrement les hauts versants, sont dominés par le granite rose-rouge à gros cristaux.

D’anciennes fractures orientées NW-SE, ont été injectées de quartz. On observe alors des roches très dures à l’aspect vitreux rouge et blanc, comme de la charcuterie, d’où leur nom de ‘lard’. Du fait de leur grande résistance à l’érosion, ces filons siliceux structurent le paysage de « Poncié » à « Roche Perrier ».
Rocher et vignes en haut de pente


L'emblème du Cru, le moulin, est lui-même situé sur une échine quartzeuse. Cependant, le granite encaissant réapparait dès les premières vignes autour.

Moins haut et globalement moins pentu que son voisin Fleurie, le cru Moulin-à-Vent, présente des granites plus intensément altérés et argilisés, où l’érosion n’a pas autant ‘rajeuni’ la roche.
Contrairement à Chiroubles par exemple, où l’essentiel des sols est sableux et le rocher omniprésent, ici, on trouve des affleurements moins puissants, plus altérés et l’argilisation des altérites granitiques est fréquente.
Visite de fosse à Moulin à Vent

 Sur la partie Est de Moulin-à-Vent, les colluvions anciennes des piémonts, issues des granites et filons de Quartz, viennent se mêler à des formations ou reprises alluviales. Ces sols de piémont, au fonctionnement complexe, ne sont pas toujours évidents à gérer du point de vue viticole.
A la différence de Saint Amour, Chénas (en rive gauche de la Mauvaise) ou bien des abords de l’Ardière sur Morgon ou Brouilly, on ne sent pas de très épaisses terrasses alluviales de plusieurs dizaines de mètres.
Ici le substrat rocheux, granite pour l’essentiel mais aussi calcaire (à « Bois Pont de Vaux »), n’est jamais très loin. Preuve en est les multiples ‘ilots’ qui émergent des sols de piémont, y compris dans les plus bas coteaux du Cru.

Pour l’anecdote, quelques hectares de marnes litées, parmi les plus calcaires du Beaujolais, ont aussi été découverts à l’extrémité Est de l’appellation. Ces marnes correspondent sans doute à des dépôts lacustres récents (Quaternaire, -200000 ans) alors que le puissant glacier du Rhône faisait barrage aux eaux de la Saône à hauteur de Lyon et de la Dombes. Un gigantesque lac s'était créé à l'amont, sur près de 200km. 
Fosse pédologique dans le clos du Moulin à Vent
Enfin, un dernier mot pour évoquer, l’exploitation de la mine de manganèse en limite du vignoble, qui dura pratiquement tout le XIXème siècle (1823 à 1919) et cessa suite à l’appauvrissement du site.
A ciel ouvert au centre du village et par puits aux proches alentours, l’excavation atteignait 32m tandis que le puits le plus profond descendait à près de 80m!

La présence des mines à Romanèche-Thorins sur un exceptionnel gisement de manganèse, peut expliquer qu’une association mentale entre les deux richesses du pays, ait pu faire cristalliser cette interprétation ‘bénéfique’ du rôle du manganèse autour du Cru Moulin-à-Vent.
Parcelles de Moulin à Vent

Le Cru Moulin à Vent

Sigales - Etudes de Sols et de Terroirs
Sigales - 38410 St Martin d'Uriage